Facture électronique : le guide complet de la réforme 2026-2027 pour TPE et PME
Dates clés, formats acceptés, sanctions et mentions obligatoires : tout ce qu'une TPE ou une PME doit savoir de la réforme 2026-2027.

La réforme en quelques lignes
Dès 2026, les échanges B2B entre entreprises françaises basculent vers la facture électronique. Fini le PDF envoyé par email : chaque facture devra être produite dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par une plateforme agréée par l'administration fiscale.
Le gouvernement poursuit trois objectifs : freiner la fraude à la TVA, dont le manque à gagner serait de 20 à 25 milliards d'euros (INSEE), moderniser les échanges entre entreprises, et donner à l'administration une vision en temps réel de l'activité économique.
Le calendrier officiel, arrêté par la loi de finances 2024
Après plusieurs reports, les dates ont été fixées par l'article 91 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 :
- 1er septembre 2026 : toute entreprise doit pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises (GE) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent, en outre, émettre.
- 1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent elles aussi émettre en format électronique.
L'e-reporting (données B2C et opérations internationales) suit le même calendrier.
Qui est visé par la réforme ?
L'obligation vise toute entreprise assujettie à la TVA et établie en France, soit :
- Les sociétés, quelle que soit leur forme (SA, SAS, SARL, SCI...)
- Les entrepreneurs individuels
- Les auto-entrepreneurs et micro-entreprises, y compris en franchise en base de TVA
- Les professions libérales assujetties
- Les associations assujetties à la TVA
Seules les transactions B2G, adressées au secteur public, restent sur Chorus Pro.
La classification des entreprises par taille
Votre échéance dépend de la taille de votre structure, selon le décret n° 2008-1354 :
- Grande entreprise (GE) : ≥ 5 000 salariés, ou CA > 1,5 Md€ et bilan > 2 Md€
- ETI : 250 à 4 999 salariés, ou CA > 50 M€ et bilan > 43 M€ (sans dépasser les seuils GE)
- PME : < 250 salariés et (CA ≤ 50 M€ ou bilan ≤ 43 M€)
- TPE / Micro-entreprise : < 10 salariés et (CA ≤ 2 M€ ou bilan ≤ 2 M€)
Les trois formats reconnus
Trois formats sont admis, tous issus de la norme européenne EN 16931 :
- Factur-X : solution hybride franco-allemande. Un PDF lisible par tous, avec des données XML structurées embarquées — le plus simple à adopter pour une TPE.
- UBL (Universal Business Language) : XML international, déjà très répandu en Europe.
- CII (Cross Industry Invoice) : XML spécifié par l'ONU/CEFACT.
Si votre logiciel est raccordé à une plateforme agréée — comme France Factures et sa plateforme partenaire —, le format est géré automatiquement. Rien à configurer de votre côté.
Plateforme agréée, PPF : qui fait quoi ?
Le Portail Public de Facturation (PPF) devait être le canal d'échange. Le projet a été recentré : le PPF se limite désormais à un annuaire centralisé et un concentrateur de données pour l'administration fiscale. Il ne servira pas de plateforme d'échange directe entre entreprises.
Vos factures transiteront par une plateforme agréée, dite PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire) jusqu'ici. Ces opérateurs privés, immatriculés par l'administration fiscale, assurent l'émission, la réception et la transmission de vos factures.
Les sanctions, durcies en février 2026
Le volet répressif a été renforcé. La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103, article 123) prévoit désormais :
- 50€ par facture établie hors format électronique, plafonnée à 15 000€ par an
- 500€ par transmission d'e-reporting absente ou erronée, plafonnée à 15 000€ par an
- 500€ si vous facturez sans passer par une plateforme agréée, puis 1 000€ tous les 3 mois
Exonération première infraction : vous êtes dispensé de sanction si c'est votre premier écart (année en cours + 3 ans) et que vous rétablissez la conformité sous 30 jours.
Pas de raison d'attendre. La réception de factures est déjà opérationnelle sur France Factures.
Démarrer la réceptionUn plan de préparation en 5 étapes
- 1. Situer votre entreprise : GE, ETI, PME ou TPE — pour connaître vos échéances exactes.
- 2. Choisir votre plateforme agréée : vérifiez son immatriculation sur la liste officielle de la DGFiP.
- 3. Vous inscrire dans l'annuaire : déclarez votre SIREN/SIRET et votre plateforme de réception dans l'annuaire du PPF.
- 4. Mettre vos factures à jour : ajoutez les nouvelles mentions obligatoires (SIREN du client, adresse de livraison, nature de l'opération, option TVA sur les débits le cas échéant).
- 5. Tester de bout en bout : passez quelques envois et réceptions d'essai avant la date d'application.
Les mentions désormais obligatoires
Chaque facture devra porter un lot de mentions inédites :
- Le numéro SIREN de votre client
- L'adresse de livraison, si elle diffère de l'adresse de facturation
- La catégorie de l'opération : livraison de biens, prestation de services, ou mixte
- La mention « Option pour le paiement de la TVA d'après les débits », le cas échéant
Ce qui change vraiment au quotidien
Prenons une TPE qui émet 30 factures par mois. Son quotidien change ainsi :
- Les factures tapées dans un tableur ou un traitement de texte, envoyées par email, ne sont plus conformes
- La facture égarée disparaît : chaque document génère un accusé de réception traçable
- Vos ventes aux particuliers et vos opérations à l'international devront être déclarées via l'e-reporting
Les textes de référence
- La loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023, article 91 — calendrier
- Le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024 — modalités d'application
- Les articles 289 bis, 290 et 290 B du Code général des impôts
- La norme EN 16931 — formats de facture électronique
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